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Il y a 8 ans, nous avons eu un projet fou : troquer nos ordinateurs contre la grelinette et le sécateur. Nous avons bousculé notre confort moderne de citadins pour nous reconnecter au rythme naturel de la vie ici, à Castagnède, au coeur du Béarne des Gaves. On s’est retroussé les manches et on a découvert que tout était possible.
Aujourd’hui, en tant que paysans-herboristes, nous œuvrons chaque jour pour être plus résilients. Nous avons mis en place un écosystème inspiré des principes de la permaculture, adapté à nos envies et aux exigences de nos plantes aromatiques et médicinales.
Nous adaptons notre système à nos propres envies, besoins et exigences. Il s’agit de faire corps avec ce grand tout, de trouver l’harmonie avec le lieu dans lequel nous vivons, les humains avec lesquels nous interagissons.
Contempler, observer, voilà ce que nous avons fait en tout premier lieu afin de découvrir cette terre sur laquelle nous avons atterri. Observer les ensoleillements d’été et d’hiver, les parties sèches et plus humides du terrain, voir les écoulements d’eau lors des épisodes d’inondation.
La contemplation de la faune nous a aussi aiguillé sur nos pratiques de culture. Ce que certains qualifient de zone à défricher sont pour nous des zones de richesse incroyables où se niche un grand nombre d’espèces d’oiseaux, insectes, serpents, petits mammifères..
Le saviez-vous ? Laisser des zones sauvages au milieu de nos cultures de mélisse ou de thym permet de ne pas créer de déséquilibre. C’est notre meilleure assurance contre les ravageurs, sans aucun produit chimique.
Quel régal de contempler les vols de libellules au-dessus de notre mare … préserver tous les petits écosystèmes.
Quel régal de contempler les vols de libellules au-dessus de cette petite mare que nous venons de créer pour extraire l’argile qui nous servira d’enduit dans le bâtiment.
Nous ne pensions pas non plus que les abeilles seraient aussi nombreuses à venir s’abreuver sur les mini berges ainsi créées.
Il s’agit aussi de voir la vitesse à laquelle pousse une forêt afin de comprendre comment intervenir dessus pour ne pas laisser les espaces se refermer. Par ces phases d’observation, de contemplations, nous comprenons comment, où et quand intervenir pour trouver notre place, ne pas nous laisser déborder et en même temps préserver tous les petits écosystèmes.
LLe site sur lequel nous nous trouvons étant isolé, au pied des Pyrénées, nous devions être autonomes en production électrique. Entourés d’arbres, la solution était le solaire : 16 panneaux sur le toit du bâtiment (50 m² pour 6,5 KW). Cet équipement alimente tout, y compris nos déshumidificateurs pour le séchoir.Cet équipement nous permet d’alimenter les appareils électriques dont nous avons besoin.
Nous avons dû adapter nos comportements et nos activités de transformation de plantes en fonction de la météo et des saisons.
C’est fascinant de se dire que l’électricité que nous utilisons est produite grâce au Soleil.
Vivre au grès des heures d’ensoleillement et des conditions météorologiques nous permet d’être au plus près des éléments et
de réaliser que nous ne disposons pas des mêmes ressources aux différents moments de l’année.
Cela nous force à l’humilité : nos activités de transformation (broyage, mise en flacon) s’adaptent à la météo
Stocker l’énergie, c’est aussi contenir la chaleur dans les murs en terre paille du bâtiment pour maintenir une température homogène, idéale pour la conservation de nos tisanes et macérats.
Nous ramassons aussi en cueillette sauvage le même nombre d’espèces tout au long de l’année.
Chaque graine est semée avec soin et nous sommes toujours fascinés de la magie qui s’opère entre le stade de semis et celui des récoltes.
Les récoltes se déroulent principalement entre avril et octobre pour
les parties aériennes (feuilles, fleurs, graines) et de novembre à février pour les racines.
La récolte desbourgeons se fait de février à mai. Nous faisons de notre mieux pour récolter la plante au stade optimal, le moment où elle nous offre ses meilleures propriétés médicinales et/ou gustatives en fonction de son usage.
Séchage doux : Les plantes sont étalées sur claies dans notre séchoir.
Macération fraîche : Pour nos alcoolatures et nos macérats de bourgeons (gemmothérapie), la mise à macérer se fait immédiatement après la récolte pour capter l’énergie vitale de la plante (dans de l’alcool, du vinaigre ou bien le mélange alcool, eau et miel pour les bourgeons.)
En vivant au plus proche de la nature, nous nous sommes vite aperçu que tout est une question d’équilibre. La nature, avant que nous n’intervenions, s’autorégule d’une façon incroyable. Elle redistribue l’abondance pour servir à son propre renouvellement. Lorsque l’on se met à cultiver, nous exportons de la matière. Il nous faudra donc, à un moment donné, rendre au système ce que nous avons prélevé.
Nous sommes en quête d’itinéraires techniques de culture qui ne nécessitent pas de grandes interventions et qui perturbent le moins possible le milieu existant.
Diversification des productions : Si nous avons un problème sur une variété, nous acceptons de ne pas la récolter cette année et nous observons pourquoi nous avons échoué.
Pas d’arrosage (ou très peu) : Nous arrosons très peu, voire pas du tout, afin de ne pas habituer nos plants à trop de soins et forcer la plante à faire des racines profondes et concentrer ses arômes (stress hydrique positif).
Gestion des « mauvaises herbes » : Les pucerons colonisent les rumex spontanés plutôt que nos cultures.Nous laissons des zones enherbées au milieu de nos cultures afin de limiter les attaques de ravageurs. Les pucerons, par exemple, coloniseront les rumex, qui sont des plantes spontanées, plutôt que nos capucines ou nos rosiers. Nous ne désherbons pas les guimauves qui poussent en hauteur. Elles sont accessibles à la récolte. Elles gardent ainsi les racines au frais et nous n’avons pas d’attaques de ravageurs.
Protection mutuelle : Les vignes vont ombrer les framboisiers qui ont besoin de s’implanter tranquillement. Les ronces et saules vont protéger les jeunes arbres des passages des cervidés qui n’en feraient qu’une bouchée. Une fois à maturité, nous broyons les saules afin d’apporter de la matière au sol.
Culture sur sol vivant : Nous pratiquons le non-labour pour préserver la vie foisonnante sous nos pieds. Ici, pas de motoculteur qui bouleverse la terre : nous protégeons la structure du sol pour laisser travailler nos plus précieux alliés, les vers de terre et le mycélium. Cette vie souterraine intense opère en symbiose avec nos racines. En nourrissant le sol plutôt qu’en le retournant, nous offrons à nos plantes un ancrage riche et des nutriments naturels.
Chaque jour, nous apprenons à tendre le plus possible vers cette autorégulation grâce à nos lectures, nos découvertes, mais surtout nos observations. L’aspect de notre jardin autorégulé diffère de celui d’un jardin traditionnel. Les zones qui restent enherbées ne signalent pas un échec mais le fonctionnement équilibré d’un système vivant.
Cette tolérance à l’imperfection demande une réadaptation de notre vision (surtout celle de la Fermière) et un changement de regard. Il faut aussi être souple et en permanence réadapter. Lors de nos récoltes de basilic en fleurs, il y a tellement d’abeilles et de bourdons que nous n’arrivons pas à tout prélever. Nous laissons quelques plants jusqu’à la fin de la floraison et les récoltons plus tard. Nous ne nous positionnons pas en tant que dominateurs sur notre jardin, mais comme des collaborateurs.
Cette nouvelle philosophie nous a appris la patience, à ne pas nous placer dans une démarche productiviste mais plutôt de nous faire une place au milieu de ce grand tout qui nous apprend tant. Même s’il y a un réel besoin de rentabilité économique à notre projet, cette quête de l’équilibre, de l’autorégulation n’est-elle pas celle qui nous nourrit le plus ?
La Permaculture à la Ferme : ce qu’il faut retenir
Pour nous, la permaculture n’est pas une simple technique de jardinage, c’est une philosophie d’action :
Observer avant d’agir : Comprendre le soleil, l’eau et le vent pour placer chaque élément au bon endroit.
Nourrir le sol (Sol Vivant) : Ne jamais labourer pour préserver la vie souterraine (vers de terre, mycélium) qui nourrit nos plantes.
Valoriser les ressources : Utiliser le soleil pour sécher nos plantes et l’eau de pluie pour l’équilibre du lieu.
Accepter la diversité : Laisser des zones sauvages et des « mauvaises herbes » pour accueillir les auxiliaires et réguler les ravageurs naturellement.
Collaborer avec le vivant : Ne pas chercher à dominer la nature, mais s’insérer humblement dans son cycle.
Le mot de l’épicurien :
« Pourquoi s’embêter à ne pas labourer, à observer les libellules ou à laisser pousser les ronces ?
Pour la planète, bien sûr.
Mais entre nous, c’est aussi pour vos papilles.
Une plante qui pousse dans un sol vivant, qui doit aller chercher ses nutriments en profondeur et résister aux éléments, développe une force de caractère incroyable. Elle ne ‘gonfle’ pas à l’eau, elle se concentre en arômes et en principes actifs.
C’est toute la différence entre une tomate insipide hors-sol et une tomate de jardin : la vibration. C’est ce goût ‘vrai’ et sauvage que je veux retrouver dans ma tasse, et c’est pour ça que la Fermière se donne tant de mal ! »
— Xavier